DESCRIPTION du projet et des intentions de
l'équipe I :lauréate.
Atelier François Seigneur et
Sylvie de La Dure architectes
THÉÂTRE ANTIQUE D'ARLES
LES INTENTIONS
Redonner au théâtre antique d'Arles sa cohérence architecturale archéologique.1
Réactualiser et compléter les installations scénographiques.
Imbriquer technologies contemporaines et architecture archéologique.
Utiliser les propositions scénographiques antiques.
Réintégrer le théâtre dans son usage et dans le temps où il vit.
LEXIQUE DU PROJET
Ôter le masque. Le premier acte architectural sera à la fois symbolique et pratique. Il s'agit de dégager les gradins de pierre antiques, en enlevant ce véritable masque qu’est l’échafaudage métallique utilisé pour supporter les gradins modernes. Habillé de sièges baquets en plastique ou de simples planches, ce type de gradins échafaudages est bien connu pour posséder la vertu majeure (paraît- il) de ne pas "abîmer l’architecture antique", voir de la "protéger". Cette protection en devient si rapprochée qu’elle dérobe totalement l’architecture à la vue du public, empêche toute lisibilité archéologique et confisque définitivement tout contact direct et tout usage du lieu antique. On pourrait dire que le gradin-échafaudage fonctionne comme une grille de prison : il enferme et marginalise le lieu archéologique en l'empêchant de servir l'époque qu'il traverse. On peut aussi le comparer à une espèce de porte de coffre-fort qui ne s'ouvre sur le précieux trésor que dans quelques circonstances exceptionnelles ou devant des observateurs dûment autorisés, enfonçant encore un peu plus le lieu archéologique dans un statut malsain de relique. Ces structures métalliques apposées à l’origine de façon provisoire sur la peau des lieux antiques ont fini par devenir définitives et, bizarrement surtout dans les théâtres et arènes romains qui sont, sans doute, les architectures archéologiques les plus facilement utilisables dans leur état "initial".
Imbrication technologique. Il ne s'agit pas seulement de restituer au théâtre antique sa cohérence architecturale archéologique, il s'agit aussi de réactualiser et de compléter les installations scénographiques. "Cela permet de mettre e œuvre une qualité architecturale réfléchie et édifiée sur l'imbrication des technologies contemporaines dans l'architecture ancienne2." Sans altérer les principes de distribution et de scénographies que l'architecture romaine met en jeu - et par quoi se définit l’identité inaltérable du site - il faut redéfinir esthétiquement et techniquement les supports et mécanismes nécessaires à l’expression contemporaine (lumières, écrans, sons, images, normes sanitaires et de sécurité, etc.) en même temps que la remise en valeur d’un état jugé initial. "Il n’y a aucune raison pour que ces architectures soient laissées, sous prétexte d’intégrité, dans des états uniquement anciens, considérées par beaucoup comme la seule esthétique possible et qui maintiennent l’objet et le lieu (comme le font tous les intégrismes) hors d’usage et hors du temps. Les interventions proposées ne doivent pas être interprétées comme des dérogations au style, mais comme la mise en place d’une réelle écriture" qui permettrait à de nombreux sites identiques de ne pas être ensevelis pour servir, sous des échafaudages proliférants3 "
Dispositif scénographique et architecture romaine. "L’idée est de considérer que tout ce qui est ancien et lourd doit rester lourd et ancien et que tout ce qui est moderne et scénographique doit être mobile et léger"4. La scène et l’écran actuel sont remplacés par une scène mobile5 et un écran escamotable6 prenant appui des mâts téléscopiques7,. L’écran escamotable se déroulera au fur et à mesure que les mâts télescopiques s’élèveront du sol selon le scénario suivant : ouverture de la boîte de protection, déclenchement de la montée des mâts, solidarisations successives des consoles de fixations des bandes, verrouillage mécanique des charnières extérieures sur le mât. La commande de chaque mât est assurée par un système de vis sans fin/crémaillère relié au moteur. Le repli automatique de l’écran est commandé à partir de la régie chaque fois que le vent atteindra la vitesse de 100 km/h. Un filet amovible8 est installé en arrière-plan pour protéger l'écran des violentes rafales de mistral qui peuvent atteindre 140 km/. Sa position sera choisie en fonction des résultats d'une étude en soufflerie. La régie technique9 actuellement située dans un Algeco est placée sous les trois voûtes de fondations des gradins qui sont situées dans l’axe de l’écran,. Les loges des artistes et les sanitaires publics sont positionnés dans la continuité de la rampe d’accès au niveau bas du jardin. La toiture-terrasse sert de belvédère depuis l’entrée rue du Cloître.
Végétation : Les espaces paysagers du théâtre, très importants dans le cas précis, car ils ont fini par former une dentelle végétale anarchique très liée à l’idée même de vestige et de ruine antique, font aussi l’objet d’un réaménagement avec notamment une surélévation progressive des arbres existants près de l’entrée du Théâtre. Ils sont replantés dans la jardinière crée entre la rampe, les loges et le mur d’enceinte.
Lumières et balises lumineuses. À la profusion lumineuse et à l’intensité requise par l’éclairage du plateau, on adjoint au sol, sur le terrain et les gradins, un balisage lumineux plus intimiste qui se révèle complètement au début, aux entractes et à la fin des spectacles. Les quatre mâts d'éclairage positionnés sur le pourtour arrière de l'hémicycle servent de supports aux panneaux solaires (2m x 2m) qui alimentent ce balisage lumineux constitué de diodes électroluminescentes bleues.
Technologies douces «Pour accompagner les techniques du spectacle, souvent très boulimique en énergie, il me semblerait très intéressant que ces sites soient promoteurs des technologies douces utilisant le soleil le vent, la lune"10
10 Extrait de “Philosophie et intention du projet/Phase APS” par François Seigneur