DESCRIPTION du projet et des intentions de l'équipe I :lauréate.
URBANE KULTUR SARL

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A 7H30 du matin, les bus du ramassage scolaire déposent plusieurs centaines d’enfants sur la place de la gare. Ils attendront là, une demi-heure, trois-quarts d’heures, les autres bus qui les conduiront dans leurs établissements respectifs.

Vers 17 heures, l’opération se déroulera en sens inverse. A cela s’ajoutera quelques bus TER et autres tout au long de la journée.

Ce « transit » se fait dans un désordre indescriptible voire dangereux.

S’il s’agit d’organiser une gare routière et sa correspondance avec le réseau ferré, l’organisation ne peut se limiter à la résolution des conflits.

Cette attente des collégiens et des lycéens qui quelquefois se seront levés avant 6H00 du matin pour regagner leur maison vers 18H30 se fait sans confort, dans le froid, la pluie, le vent, la neige pendant plus d’un tiers de l’année.

Outre l’absence de confort, ces deux heures sont un temps perdu, un temps de jachère peu compatible avec le « rendement » exigé d’eux.

Il semblait donc impératif que la proposition réponde à ces exigences.

 

LE PROJET FONCTIONNEL

Son objectif premier est d’organiser efficacement les flux:

Les terrains S.N.C.F. libérés au Nord permettent d’organiser la noria des bus. La plate-forme proposée organise le retournement, le stationnement, les montées et les descentes des passagers sans qu’à aucun moment, dans une sécurité maximum, le flux piétonnier ne rencontre la circulation des bus.

Montées et descentes se font à l’abri d’un auvent.

Les arrêts identifiables (affichage des destinations) se trouvent en ligne sous l’auvent. Cet auvent, épine dorsale du projet, relie gare routière - gare S.N.C.F.- aire de dépose des voyageurs - station de taxis et parking minute. Il est le cheminement naturel couvert qui conduit au parking Sud, le linéament constituant la longueur de la place.

L’espace qu’il prépare devant la gare S.N.C.F. peut être identifié comme la cour de la gare.

Il nous a semblé tout aussi impératif que les voyageurs - les enfants en attente de bus - puissent trouver un lieu abrité, réchauffé (convecteurs radiants) éclairé où l’on puisse s’asseoir, lire, préparer ses leçons et devoirs, que ce temps ne soit ni une jachère, ni un engourdissement.

C’est l’objectif des quatre pavillons: simples salles transparentes avec leur préau et leur patio pour l’été.

Il prennent place sous les platanes préservés. Une végétation plus basse de pommiers créée le lien d’ombre avec ses bancs où il fait bon s’asseoir.

 

LE PROJET ARCHITECTURAL

Le parti retenu propose deux entités complémentaires: le quai et la place;

Le quai, qui s’étire au long des voies ferrées, est à l’échelle de cette partie du territoire. Il regroupe du Nord au Sud la gare routière, la gare S.N.C.F., les parkings vélos et voitures, soit l’ensemble des véhicules: discret depuis la ville, il développe vu du train une véritable esthétique du transport. Plate-forme multi-modale, il optimise les transferts.

Sur toute sa longueur s’étire une promenade pédestre et cyclable, connectée au passage inférieur existant.Elle relie les berges du Canal de la Moder au Nord et le Parc au Sud. Elle évoque les jetées de bord de mer.

Articulée au quai par l’auvent, la place s’ouvre sur la ville. La place n’est plus ce lieu de transit habituel. Avec ses quatre pavillons, leurs patios, se détachant sur le filigrane de l’auvent, elle rejoint l’ensemble des espaces publics de la ville.

La place n’est plus au delà de la ceinture des boulevards: la chaussée du Boulevard fait ici partie du socle de la place; la place prolonge le socle de la ville.

L’espace public qui en résulte dépasse la fonctionnalité des lieux et devient un lieu de flânerie heureuse, prolongé par son parc. L’office du tourisme y ajoute sa note de pittoresque. La salle d’attente existante, remplacée par les quatre pavillons est démolie, ainsi que la buvette intégrée dans le réaménagement du buffet. Ceci permet de dégager une transparence, depuis la sortie de la gare S.N.C.F. vers la Médiathèque.

La chaussée d’accès à la gare est un simple marquage en creux sur le sol de la place.

Elle conduit à la station des taxis (5 places) au parking - minute (10 places) à l’aire de dépose (4 places) au parking moyenne et longue durée au Sud (200 places).

Les services de la SERNAM trouvent leur place dans l’extension de la gare. Ils sont desservis par un quai. Le nouveau bureau des aiguillages y trouve également sa place.

Le parking des vélos est surveillé à partir du bureau SERNAM.

Cet allongement de la gare permet d’agrandir son hall. Le buffet est réorganisé.

Enfin une traversée sous le faisceau des voies est proposée, reliant la place - la ville en fait - aux quartiers ouest et au Parc des sports. Elle est éclairée naturellement par des lanterneaux émergeants du sol qui en révèlent la présence et qui, de nuit, sont autant de lanternes.

L’ancien souterrain sur le caisson de la Moder est conservé et réhabilité.

Ses entrées et sorties sont retravaillées.

 

 

LE PROJET DE PAYSAGE

C’est la recherche d’une valorisation du patrimoine existant tant en espaces verts (le parc fragmenté, les platanes de la place...) qu’en éléments urbains (domaines S.N.C.F., front bâti, station service, ...).

Un alignement d’arbres tiges à l’ouest des boulevards Nessel et de l’Europe, plus ou moins parallèle au réseau S.N.C.F. , s’accroche au Sud à l’ouvrage de franchissement des voies S.N.C.F., s’interrompt au droit de la place des Gares puis renaît au Nord pour venir se connecter au bel alignement des platanes qui surligne le Canal de la Moder.

Sur cet élément structurant et fédérateur répondant au front bâti, viennent s’accrocher des espaces aux typologies et destinées contrastées (parking Sud longue durée, Parc ancien, Place des Gares).

Les espaces entre « quai - promenade » piéton et alignement du bord des boulevards.

Au Sud:

- Le parking longue durée

accolé au parc existant est relié à lui par des liaisons piétonnes. Ce plateau se caractérise par la plantation d’arbres d’ombrage (Érables, Platanes ou Paulownia) qui constitueront un « plateau » vert en suspension.

Une claustra végétale formée de panneaux de charmilles taillées délimitera l’emprise générale de cet espace tout en préservant la fluidité des transparences visuelles.

- Le « parc ancien »

conservé comme élément historique, sera restauré dans le cadre du projet urbanistique et retrouvera des surfaces de circulation en stabilisé, matériau plus en accord avec la sensibilité du lieu.

Dans le souci de son intimité perdue, une ceinture de haies « charmilles taillées) est proposée.

Des portes vertes (voir esquisses) ouvertes sur le boulevard Nessel assureront la préservation du flux piétonnier.

Dans le même esprit de valorisation du patrimoine, une salle de « musique de verdure » est proposée dans le parc, au pied du kiosque à musique (murs de charmilles taillées).

Au Centre:

- espace fédérateur

La Place des Gares offre à ce secteur d’urbanité ouverture, lisibilité et fluidité.

L’espace est ponctué par les colonnes des troncs des platanes existants (les jeunes tilleuls récemment plantés le long de l’axe d’accès à la gare seront transplantés).

Les patios entrent les pavillons de verre, se verront ombrés par les frondaisons de pommiers à floraisons événementielles et spectaculaires : dialogue entre volumes et couleurs du végétal et du verre.

Le bâtiment d’accueil des contrôleurs et autre personnels S.N.C.F. sera entouré d’une mer d’arbustes fleuris et odorants (Lavandes) et de graminées (Miscanthus)

Au Nord:

Entre le quai S.N.C.F. / piste cyclable et les voies d’accès des bus existe un terre-plein central végétalisé ; la claustra végétale s’y prolonge posée sur un tapis de fleurs.

Les talus qui jouxtent les arrières des parcelles privées, seront fortement plantés d’arbustes et d’arbrisseaux afin d’offrir aux utilisateurs un espace de qualité. Au droit du MATCH, le talus est modèle pour faciliter les manoeuvres des voitures sur le parking.

 

 

LE PROJET URBANISTIQUE

Pour des raisons diverses, le quartier de la gare dans le secteur de la Vieille Ile est hétéroclite. Il réunit, avec ses vides, des bâtiments d’origines différentes, aux caractères souvent affirmés dont les usages ont dû être modifiés.

Ils agissent en solitaire dans une sorte de no man’s land récupéré provisoirement par les parkings.

Il nous a semblé qu’un dialogue entre ces bâtisses pouvait s’instaurer, que justement leurs interférences réciproques pouvaient servir de composition. Les voies demeurent, quelquefois à peine retouchées. Des passages, des sentes, des venelles, des ruelles permettent d’élargir le vocabulaire urbain, seul capable de constituer le réseau de la ville.

Au contact du quartier de la Vieille Ile et de la Place des Gares, notre proposition amorce une proue, une invitation à pénétrer au coeur du dispositif. Elle reprend dans un registre différent ce qu’induit la rue St. Georges.

La proximité de MATCH, de la médiathèque, de l’I.U.T. peuvent constituer un ferment favorable à l’établissement ou au renforcement d’activités tertiaires et commerciales.

Un schéma classique du type rez-de-chaussée commercial, bureaux et/ou logements en étage, induit une mixité nécessaire à cette partie de ville.

Enfin, le cours souterrain de la Moder ne peut être ignoré, puisqu’elle fut le constituant du territoire.

Une végétation appropriée d’arbres, d’arbustes, de cépées, de buissons se glissant dans les anfractuosités du bâti pourrait en être un bon révélateur.

Un dispositif simple de pompes immergées dans le caisson de la Moder avec rejet direct en affirmerait la lecture par une série de petites fontaines.

 

 

AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

La photo aérienne fait apparaître une aire urbaine pénétrée d’Est en Ouest par deux poches vertes (champs, prés, bosquets, haies, lisières, bois, forêt).

Le canal de la Moder les relie avec son cortège végétal.

Ces espaces devraient bénéficier d’un statut particulier les préservant des extensions urbaines intempestives (lotissements). Ce patrimoine paysager offre la possibilité d’un futur parc urbain ou pourraient prendre place activités sportives et de loisir.

Les nouvelles constructions viendraient s’implanter dans le tissu du bâti existant, massification urbaine permettant de réparer les nombreuses discontinuités et de retrouver une densité, garante d’équipements et de tertiaire favorisant la qualité de la vie.

Dans le même temps, s’attachant à la protection de ces zones naturelles, il semble judicieux d’organiser une capilarité de chemins de sentes, de pistes cyclables, de plantations de limites de parcelles, transversalement à la Moder (passerelles). Cette irrigation permettrait d’intégrer ces zones naturelles aux espaces de la ville.

Le Canal de la Moder devient alors ce chaînon végétal, promenade et parcours cyclable sur ses deux rives fédérant l’ensemble de la cité.

Au sud, l’ensemble des casernes en liaison avec le Parc des Gares, apparaît comme une réserve foncière au potentiel élevé.

Entre le Canal de la Moder au Nord et les casernes au Sud, le Parc des Sports à l’Ouest et le Centre Ville à l’Est, les mises en relation sont assurées par l’ensemble des dispositifs du projet de l’Espace des Gares.

 

ESTIMATIF

Préambule

Le réaménagement de l’Espace des Gares nécessite un projet qui soit à la mesure des ambitions affichées par la Ville de Haguenau sur cette portion de ville: prise en compte de l’échelle territoriale induite par la présence des voies S.N.C.F., mise en étroite relation des gares et de la ville par la création d’une vraie place urbaine.

Ces objectifs ont un coût qu’il serait dangereux de réduire artificiellement pour « coller » au budget prévisionnel: l’auvent, important mais pas indispensable est donc chiffré en option.

Le projet peut fonctionner sans: l’alignement des pavillons sous les arbres referme la place et assure le filtre visuel par rapport aux voies des bus.

 

 

Mais sa présence, comme entité fédératrice du projet à laquelle viennent se raccrocher les différents éléments du programme nous semble évidemment très souhaitable.

Sa réalisation peut faire l’objet d’une deuxième tranche.

 

 

 

 

Aménagement Place des Gares 2 740 000

Création de parkings (Sernam) 1 925 000

Aménagement Gare routière 2 550 000

Eclairage 810 000

Pavillons -4 unités- 800 000

Espaces verts 100 000

Démolition SERNAM, attente et buvette, quais 300 000

Réhabilitation du souterrain existant et

réaménagement des entrées / sorties

(talutage à l’Ouest, soutenement à l’Est) 1 500 000

TOTAL TRAVAUX HT11 725 000

Honoraires 10.5% 1 231 125

TOTAL HT12 956 125

 

OPTIONS

A/ Auvent 2 200 000

B/ Création d’un souterrain et des lanternaux 4 100 000

- Aménagement paysagers à l’Ouest des

voies (alignement d’arbres, ...) 250 000

C/ Extension gare SNCF 950 000

et réaménagement de l’existant

(dans le cadre de la modernisation de la gare) PM