Description du projet et des Intentions de l'équipe II .
Atelier du Paysage - Alsace

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HISTOIRE DE BOULEVARD :

 

BELFORT      – 1870 : 8 000 habitants

– 1914 : 40 000 habitants

 

Au Sud de la ville, les militaires s’installent, plus loin, des vergers, des champs et des chemins de défruitement permettent de regagner la ville.

 

Entre les deux guerres, un plan d’aménagement, d’extension et d’embellissement est voté (PAEE). Un projet, porté par M. de ST Maurice, voit le jour un an plus tard en 1927.

Il prévoit la construction de cités jardin au Sud Ouest de la ville et la réalisation d’un boulevard de ceinture extérieure reliant les cités à la ville.

L’idée de créer le quartier des Résidences et les actuels Boulevards Anatole France et Kennedy voit le jour.

 

La seconde guerre mondiale ralenti les constructions.

Le PAEE n’est que partiellement réalisé :

Cité Bellevue (1926)

Le Mont (1939)

La Pépinière (1939)

 

Gustave Stokopf, urbaniste à la ville, est chargé en 1944 d’élaborer un projet d’aménagement. Il s’inspire en grande partie du PAEE.

 

En 1953, la décision de construire un quartier neuf est prise. Jean Fayeton, architecte en chef, est chargé d’élaborer un plan de ZUP.

 

Il propose une cité radieuse, vaste, centrée autour d’une maison de la culture.

Une trame bâtie orientée Est/Ouest et Nord/Sud, est répartie de part et d’autre d’un grand axe. Un contradictoire réseau de boulevards intérieurs permet de desservir les quartiers d’habitation.

L’idée est sécurisante car, elle permet de préserver la quiétude du cœur des quartiers.

Le boulevard de M. de St Maurice existe toujours, il est simplement rentré à l’intérieur de l’opération. Ce plan est adopté par le préfet en 1957.

Les Résidences et les Boulevards sont réalisés progressivement, jusqu’en 1973.

Malheureusement, très vite, les véhicules quittent ce ring et s’immiscent dans le quartier, au pied de chaque immeuble, faisant disparaître avec elle la quiétude recherchée.

Très vite également, la partie Est de ce boulevard de ceinture devient une solution pour la circulation générale et le contournement Sud de la ville.

De voie dédiée au quartier, il remplace progressivement le Faubourg de Lyon pour finir en route nationale.

Pour répondre à ce nouveau statut, son gabarit est conséquent, le flot de véhicules aussi.

Il devient une fracture au cœur d’un nouveau quartier, censé être préservé des voitures.

Heureusement, l’autoroute A36 se construit, emmenant avec elle le flot des véhicules de transit. Les Boulevards Anatole France et Kennedy quant à eux, restent avec leurs 2 X 3 voies.

Cette brève promenade dans l’histoire du site et du Boulevard, permet de comprendre comment le cheminement d’une même idée, pavée de bonnes intentions, a finalement transformé un chemin de défruitement en une artère urbaine de contournement, au cœur d’un quartier, avec un statut de Route Nationale.

 

Aujourd’hui, une nouvelle page de cette histoire de Boulevard est peut-être en train de s’écrire.

DES OBJECTIFS CONTRASTES :

 

 

Si les enjeux de ce projet pour les boulevards et pour l’ensemble du quartier sont multiples, les objectifs nous semblent contrastés.

 

" L’enjeu ne se limite pas à l’aspect sécurité mais intègre des objectifs sociaux et économiques.

L’étude doit prendre en compte les projets annexes et respecter les trois tronçons urbains.

Les commerces existants on un avenir précaire qu’il faut dynamiser par du stationnement et plus de confort d’usage. Il faut augmenter la commercialisation des Boulevards. "

 

 

 

L’objet du concours donne la priorité à :

1-L’amélioration de la qualité de vie des quartiers attenants, en facilitant les échanges, en diminuant les nuisances.

2-L’amélioration de l’intégration de ces quartiers à la ville, en rendant plus attractive les connexions avec le centre.

3-La sécurité.

(Programme et règlement)

 

 

Quelques grands principes doivent guider le projet :

1-Réduction de la chaussée à 2 X 2 voies,

2-Création de pistes cyclables séparées des voiries,

3-Réaménagement des carrefours à feux existants et création de nouveaux,

4-Réorganisation du stationnement.

(Règlement)

 

 

Enfin, quelques volontés fortes sont exprimées. Elles sont classées dans l’ordre suivant :

1-Maîtrise de la vitesse tout en gardant un caractère d’axe structurant,

2-Sécurité des deux roues,

3-Favoriser les trafics d’échanges,

4-Permettre aux activités commerciales de perdurer et de se développer.

5-Favoriser la porosité à l’échelle des piétons en réduisant l’effet de coupure,

6-Favoriser les stationnements.

(Programme)

 

 

Toutes les intentions mises bout à bout font apparaître des différences notables dans l’ordre des priorités. L’objet du concours place la porosité et les trafics d’échange en tête, alors que le programme ne les restreint qu’en 3ème et 5ème positions des volontés.

Pour comprendre cette différence, nous avons reclassé les objectifs, les principes, les volontés, par famille d’intention.

On s’aperçoit alors que deux idées cohabitent :

La première consiste par un acte urbain fort, à réduire une fracture, à améliorer des usages de proximité et redonner à des quartiers, un boulevard qui à l’origine leur était destiné.

La deuxième, plus fonctionnelle, vise à sécuriser un axe structurant nécessaire à l’échelle de la ville.

Cette dualité s’exprime encore plus clairement dans les études données en annexes.

" Le Projet Urbain du quartier des Résidences " de F. Grether, exprime clairement que " la qualification des voies publiques comme lieux collectifs, doit être au centre des projets urbains, au départ de son élaboration. "

 

POLYTECH, après une étude multicritère rigoureuse et méthodique, arrive à la conclusion : " En terme de capacité, une chaussée de 2 X 1 voie est suffisante,…Pour des raisons de facilité de fonctionnement, de confort de circulation et pour disposer d’une réserve de capacité importante (critère lié à la ville plus qu’au quartier), il est proposé une chaussée à 2 X 2 voies.

 

- Quelles priorités donner tant ces deux objectifs sont légitimes ?

- Quel parti retenir ?

- Est-il possible de concilier les deux dans un projet de compromis, au risque de ne servir ni une intention, ni l’autre ?

La solution, nous semble-t-il, est à découvrir dans la multitude des propositions des deux études à l’origine du programme.

 

 

  1. " Le projet urbain du quartier des Résidences " questionne :
  2.  

    - Quel peut-être le sens d’une nouvelle définition de l’espace retrouvé et des emprise disponibles ? (Suite à la démolition de la ‘Locomotive’)

    - Dans le but de renforcer la pluralité des occupations et la mixité des espaces urbains, l’installation de nouvelles fonctions, notamment économiques est certainement à rechercher ?

    - Faut-il banaliser le stationnement public le long des voies ?

     

    Et propose :

    - La création d’une centralité sur le site de la locomotive organisée autour d’une place bordée d’activités, ouverte sur l’axe de composition initial (Nord/Sud), que représente la Place Baudin.

    - La réduction sensible de la proportion des surfaces de chaussée par rapport à celle d’autres éléments : trottoirs, vélos, arbres d’alignements.

    - D’effacer l’effet de césure des Boulevards Anatole France et Kennedy, pour en faire un espace public.

    - La création d’un lieu public à l’articulation des différentes composantes.

     

     

  3. Etude POLYTECH :

 

L’étude POLYTECH " Parti d’aménagement pour l’itinéraire ", rappelle l’ouvrage " sécurité des Routes et des Rues " (SETRA-CERTU-1992), qui précise " Plus une voie est typique, plus rapidement l’usager la reconnaîtra pour ce qu’elle est et adaptera ses comportements au risque propre à la voie et son environnement.

 

Et précise qu’il existe 4 types de voies rencontrées en milieu urbain :

1- Voies urbaines à caractères autoroutiers (hors contexte)

 

2- Artères urbaines :

- grande circulation privilégiant la fonction de transit,

- présence d’interaction fonctionnelle avec le milieu urbain traversé,

- …

 

3- Autres voies principales :

Les fonctions principales de circulation, tout en ayant une forte imbrication avec la vie locale (stationnement), dessert des activités et habitations.

 

4- Voies de dessertes (hors contexte)

 

Ce même document caractérise le type actuel des deux boulevards, en fonction des critères qualifiant les différentes natures d’infrastructures.

La conclusion de ce tableau, place les boulevards entre le deuxième et le troisième type de voie, dans une position intermédiaire contraire aux principes de typicités recommandés.

POLYTECH se prononce et propose de mettre en place un aménagement de type " Autre Voie Principale ", qui consiste pour l’essentiel à :

- Réduire le nombre de voies

- Réduire la largeur des voies

- Réduire le marquage routier

- D’insérer les deux roues dans la circulation

- De créer des traversées piétonnes en section courante

- De supprimer le stationnement sur TPC et de créer des stationnements en chaussée courante

 

Elle rappelle enfin que ce choix est dicté par la volonté :

- De redonner à cet axe un caractère plus urbain

- De réduire l’effet de coupure

- …

 

Ces volontés sont au programme du concours et bien présentes dans l’étude Grether :

On s’aperçoit alors, qu’en sélectionnant parmis la multitude de pistes offertes par ces deux études, celles concordantes, on arrive à faire émerger des dénominateurs communs sur lesquels s’appuyer pour répondre.

 

On s’aperçoit enfin que ces objectifs d’apparence contrastés, presque antagonistes, peuvent se réunir en un parti d’aménagement fort, permettant à cette route nationale de devenir un boulevard urbain participant au développement des quartiers, mais aussi au réseau structurant de la ville.

 

 

 

UN PARTI FORT :

 

Hormis les critères physiques qualifiant un type de voie plutôt qu’une autre décrite précédemment, la différence entre une artère urbaine et les autres voies principales (c’est la destinée de nos boulevards), réside dans la définition de leurs fonctions principales et de leurs interactions fonctionnelles avec le milieu urbain traversé.

 

Est-ce une voie à grande circulation privilégiant la fonction de trafic et faiblement liée à son environnement, ou au contraire, est-ce un boulevard assurant certes, une fonction principale de circulation, tout en ayant une forte interaction avec la vie locale ?

 

Nous avons vu clairement que le choix du deuxième type était retenu.

 

Parmis les interactions fonctionnelles, sont citées stationnements, dessertes d’activités, fréquentation piétonne, activités commerçantes. Il nous semble qu’il faudrait rajouter séquence, ponctuation, événement, urbanité, variété, afin de rompre avec la linéarité propre aux grands axes de circulation et non aux boulevards urbains.

 

Nous proposons, pour satisfaire à l’ensemble de ces critères, quatre séquences aux traitements variés mais homogènes, adaptées aux tissus qui les entourent et organisées autour de deux ponctuations revêtant d’enjeux particuliers et traités de façons spécifiques.

 

 

Les quatre séquences :

 

1ère séquence :

Partant du Faubourg de Lyon jusqu’à la rue Saussot, la circulation sera à 2 X 2 voies, avec une file courante de 3 m à droite et de 2,80 pour les tourne à gauche.

 

La capacité de ce type de voirie est importante, supérieure à 15 000 VL/jour par sens mais l’ambiance est urbaine, marquée par de larges trottoirs (partagés entre piétons et cycles), un stationnement linéaire, un éclairage soigné des carrefours et des traversées piétonnes sécurisées.

 

2ème séquence :

De la rue Saussot au Boulevard Leclerc.

La circulation se retrouve d’un seul et même côté du TPC, organisée en une 1 X 3 voies, la voie centrale servant à gérer le tourner à gauche dans les deux sens.

La fluidité reste importante et l’urbanité augmente. Elle annonce la première ponctuation.

 

Ce type d’organisation de voiries permet là encore, des circulations en heures de pointes, supérieures à 1200 UVP/heure, grâce à la bonne gestion des tourner à gauche (TAG) et des carrefours.

A Mulhouse par exemple, la rue de la Porte du Miroir, appartenant au réseau du contournement du cœur historique mis en place dans le cadre du PDU, présente la même configuration et accueille 15000 VL/jour sur la voie filante et 6000 sur le TAG.

Le passage de 2 x 2 voies à 1 x 3 voies se fait en douceur, sans changement, dans le sens Sud/Nord et par un franchissement tangentiel du TPC dans le sens Nord/Sud.

Cette séquence s’achève rue Leclerc, par un rond-point permettant une bonne gestion des carrefours et le passage de 1 X 3 voies à 2 X 2 voies.

 

3ème séquence (2ème du programme) :

De la rue Leclerc à la rue du Maréchal Juin.

Le tissu bâti change. On quitte les grands ensembles pour rentrer dans une zone pavillonnaire. Une ambiance forte de quartier se développe autour de la place Saget, deuxième ponctuation.

De 2 x 2 voies, dans une configuration comparable à celle du 1er tronçon, la voirie se transforme comme devant la place des Résidences, en 1 x 3 voies pour plus d’urbanité.

 

 

4ème séquence :

De la rue Juin au Pont Legay.

Séquence rectiligne peu marquée par l’environnement bâti présent d’un seul côté, mais fortement influencée par des besoins de stationnements importants.

Cette séquence à 1 x 3 voies permettra de rompre avec l’impression de " sortie de ville " que développe la configuration actuelle, et d’offrir un stationnement sécurisé en vis à vis de l’université.

Ce stationnement est distribué par une contre allée, que l’on atteint facilement et ce, quelque que soit le sens de la circulation, grâce à la présence du rond-point.

Déporter la circulation d’un seul côté du boulevard, tout en offrant là encore, une capacité largement suffisante, offre la possibilité d’élargir le trottoir Nord du pont au profit des piétons et surtout des cycles.

 

 

 

Nous avons cherché, par le traitement différencié des quatre séquences, à offrir un parcours varié, adapté au contexte environnant, traduisant fortement le besoin d’imbrication du boulevard avec les quartiers traversés et les activités qu’ils développent.

 

Nous avons également cherché, par le profil des voiries et l’organisation des carrefours, à conserver le rôle de voiries structurantes à l’échelle de la ville, non pas comme une infrastructure unique et linéaire, mais plutôt comme un parcours empruntant une addition de voies urbaines différentes mises bout à bout.

 

 

 

 

LES PONCTUATIONS :

 

La différence entre une voie de contournement et un boulevard urbain, réside également dans le fait que les premières ne font que traverser alors que les secondes, conduisent à des évènements et repartent de ceux-ci pour en rejoindre d’autres.

 

C’est ce que nous avons cherché à affirmer, en créant sur ce parcours deux évènements forts.

 

  1. La Place des Résidences :

 

De l’étude " projet urbain du quartier des résidences ", nous retiendrons la nécessité de :

 

La nouvelle place, interface entre le boulevard et les tissus urbains

 

La place appartient au boulevard Kennedy - Anatole France, ponctuant sa deuxième séquence.

Elle appartient aussi au tissu du " Quartier des Résidences ".

Ces deux appartenances s’expriment formellement dans le projet, par un dialogue entre la trame orthogonale du tissu et la grande courbe du boulevard. Cette rencontre engendre des formes et des espaces variés comme autant de supports à des activités diverses.

 

 

 

Une articulation des " espaces libres "

 

La destruction de " La Locomotive ", au-delà de la dé-densification qu’elle a engendrée et du changement d’échelle induit, a ouvert le champ de la reconquête d’un morceau de ville. Elle offre la perspective du rétablissement de liaisons entre les secteurs d’habitats et de loisirs situés à l’Est et à l’Ouest du boulevard.

 

Une délimitation spatiale nette des sites est nécessaire :

- Pour le square Baudin, une construction cadrera son ouverture à l’Ouest tout en créant de larges perspectives sur le boulevard et le nouvel aménagement de la place des Résidences.

 

- Pour la nouvelle place, la succession de bâti de faible densité proposé, inscrit dans la logique d’orientation de l’ensemble du quartier, offre des limites claires et perméables sur la partie Nord et Est.

 

Les autres limites seront constituées par des masses végétales.

Le rôle d’articulation de la place avec le tissu urbain est renforcé par deux mails de platanes en plateaux ; le premier descendant du jardin Baudin surélevé, le second, décalé, valorisant la rue de Copenhague, jusqu’au Parc de la Douce.

 

 

Un lieu d’échange et de mixité

 

Le " Quartier des Résidences " souffre d’un isolement, en grande partie lié à son organisation urbaine et son image. Hormis les habitants, peu de belfortains ont de bonnes raisons de s’y arrêter.

Des exemples, comme celui du Prainet, près de Lyon, montrent que l’ouverture des quartiers peut passer, entre autres, par des greffes sur un axe de déplacement important, d’un pôle d’activité (pourquoi pas commercial), destiné non seulement au quartier mais également à ceux qui empruntent le boulevard et trouveraient là, un équipement fonctionnel et pratique.

Notre projet propose de rassembler, autour d’un espace piétonnier largement dimensionné, des activités commerciales, tertiaires et des logements sur ses rives et en son cœur, un marché hebdomadaire ou toutes autres formes d’animations.

L’espace et les fonctions conféreront au lieu une capacité à accueillir à la fois les riverains et les gens de passage.

Les aménagements sécurisés pour les piétons et les cyclistes ainsi que les facilités d’accès offertes aux automobilistes (desserte rapide des commerces), feront de ce lieu un espace de rencontre vivant.

 

 

Son organisation

 

Exploitant le dénivelé du site, la place est délimitée par des constructions de faible hauteur, organisées en R+3 :

-Deux immeubles au Nord, sont implantés à distance de la résidence existante, pour en protéger le vis-à-vis et pour dégager du stationnement aérien.

- Un immeuble à l’Est, présentera une façade Ouest en contact direct avec l’espace piétonnier, sur lequel pourra se prolonger les terrasses des commerces.

Au Sud, la place est annoncée par un équipement pouvant accueillir un supermarché par exemple. Un stationnement de bonne capacité dessert à la fois ce commerce et la place. Un écran végétal réalise la limite Sud de l’espace urbain.

 

L’ensemble des constructions présente 7 500 m2 de SHON (3 500 m2 de commerces,

1 500 m2 de bureaux et 2 500 m2 de logements). L’objectif de 9 000 m2 d’activités (a côté du cimetière) évoqué dans l’étude, précédemment citée, peut être atteint en construisant la parcelle utilisée par l’actuel marché.

 

 

  1. La Place Saget :

 

Véritable point de convergence d’un petit réseau viaire propre à un quartier d’habitat, la place Saget développe une ambiance charmante de petite place de proximité. Du commerce la borde, des équipements publics comme la Poste, l’occupent. Organisée autour d’un mail central, équipé d’un kiosque et de bancs, cette place est importante pour le fonctionnement quotidien. Malheureusement, elle est isolée d’une partie de son quartier d’origine par la création du boulevard Anatole France, qui sectionne le réseau de voiries convergentes.

Il nous semble important de la révéler comme une ponctuation sur le parcours du boulevard et de renforcer sa fonctionnalité, en la raccrochant aux deux côtés de celui-ci.

 

Pour ce faire, nous proposons une circulation à 1 x 3 voies qui limite l’emprise dédiée aux transits, de créer une contre-allée distribuant du stationnement de proximité et de supprimer ponctuellement l’alignement des platanes pour mieux la révéler.

 

La densification des passages piétons augmentera la porosité de celle-ci. Le traitement de ces trottoirs, de son cœur, dans une écriture commune de celle employée pour le boulevard à cet endroit, permettra de créer un espace particulier, traité de façon spécifique.

 

 

 

 

En révélant les différentes séquences des boulevards Anatole France et Kennedy, comme une succession de voies différentes, reliant entre elles les évènements forts dédiés au quartier, tout en conservant des circulations linéaires suffisamment dimensionnées et fluides, nous transformerons ces infrastructures routières en une succession de boulevards urbains.

 

C’est tout l’enjeu du programme, c’est notre parti d’aménagement.

 

 

 

INSERTION DES CIRCULATIONS DOUCES ET AMELIORATION DE LA SECURITE :

 

La vitesse des voitures, le trafic poids lourds, les intersections avec les rues adjacentes ou des sorties des parcelles ainsi que les difficultés de franchissement sont les contraintes majeures des boulevards dans leur situation actuelle.

Pour y remédier, le projet propose un aménagement de l'itinéraire en séquences variées selon le contexte urbain, pour casser une monotonie à l’origine de vitesses élevées.

 

Nous prévoyons notamment

 

- Une alternance entre des séquences à 2x2 voies avec TPC et des séquences à 1x3 voies sans TPC,

- La création d'une grande place au centre du quartier des Résidences,

- La mise en valeur et le dégagement visuel de la place Saget.

 

De plus, des giratoires marqueront les trois principales entrées aux boulevards :

- Le Pont Légay au Nord,

- La RN 19 à l'Ouest,

- Le Faubourg de Lyon au sud.

 

Ceux-ci permettront d'une part, de gérer des flux importants et d'autre part, de ralentir les véhicules.

 

Des pistes cyclables seront aménagées tout le long de l'itinéraire. Elles seront bilatérales et mettront les cyclistes à l'abri des voitures et du trafic poids lourd. Ces pistes seront bidirectionnelles et suffisamment attractives pour faciliter la desserte de proximité (notamment au droit des commerces et des équipements), pour limiter les traversées, mais également suffisamment dissuasives pour éviter les longs trajets à contre sens, particulièrement problématiques au niveau des intersections.

 

Les contacts de ces pistes cyclables avec les autres modes de déplacements seront clarifiés, repérés par un marquage évident, propre à ce mode doux de déplacement.

 

 

 

STRATEGIE LUMIERE :

 

De nuit comme de jour, les luminaires induisent une lecture de l’environnement très significative. De jour, leur qualité et leur implantation qualifient les lieux, leur richesse ou leur simplicité caractérisent le site. Les lignes qu’ils forment dans l’espace favorisent la perception des dimensions ou l’impression de fuite vers l’horizon.

De nuit, la lecture de l’espace reste marquée comme celle de jour. La qualité des lumières distribuées et la " brillance " des points lumineux évoquent des " ambiances " festives, conviviales, ou simplement efficaces.

 

Nous avons recherché à qualifier les différentes séquences naturellement disposées sur le parcours, en favorisant leur fonction : le boulevard urbain, la rue de " village ", la voie circulée traversant un centre d’activité, la desserte secondaire parallèle à une route principale.

 

A chaque fois nous avons identifié :

  1. Le boulevard urbain avec les luminaires les plus hauts et les plus espacés,
  2. (H= 9m e=32m) à température de couleur chaude.

  3. Les allées piétonnes avec des luminaires plus bas et plus rapprochés,
  4. (h=4,5m, e= 16m) aux luminances plus fortes afin de rendre visibles de nombreux points de lumière qui égayent l’espace.

  5. Les voies secondaires de desserte avec des luminaires de hauteur intermédiaire.

(h= 6m, e= 16m)

 

La place de "la locomotive " est identifiée comme un " pièce urbaine " qui prévaut à la circulation. L’implantation à l’échelle des piétons uniquement, met en évidence sa trame orthogonale. Les luminances moyennes du matériel lui conférèrent un aspect festif.

 

Cette étude sera complétée, au cours du projet, par une estimation de "durabilité" tenant compte non seulement des coûts de fonctionnement mais aussi de ceux de maintenance et de résistance aux agressions diverses auxquelles sont soumis les mobiliers urbains.

 

 

 

UNE REPONSE ADAPTEE :

 

 

Nous vous proposons de découvrir l’aménagement des Boulevards par un parcours successif des séquences débutant au giratoire « Faubourg de Lyon ».

 

 

SEQUENCE BELLEVUE :

 

Baptisée ainsi de par sa proximité avec le cimetière de Bellevue.

 

Après avoir franchi le giratoire traité sobrement par un gazon fleuri, nous empruntons le Boulevard Kennedy par une chaussée à deux fois deux voies de circulation.

Les trottoirs, larges et spacieux, sont ponctués par un mail d’arbres central de seconde grandeur. Ils sont partagés par les piétons et les cyclistes et ont une emprise confortable de 5 mètres minimum.

 

Ces deux alignements seront constitués de fruitiers apportant au projet la lecture des saisons, floraison printanière ou colorations automnales (essences stériles pour éviter les salissures dues aux fruits sur les trottoirs)..

 

Quelques places de stationnement sont offertes, juste avant le carrefour de M. Bonneff.

 

Le mail de platane central est conservé, il est l’élément fédérateur du projet ainsi que la mémoire du site. Le terre-plein est traité en stabilisé, encadré par des bordures granit. Des traversées piétonnes, aux traitements enrichis, ponctuent le parcours à rythme régulier.

 

La place du marché des Résidences sera (éventuellement) contournée par une petite voie de desserte, permettant d’accéder au cimetière et à des stationnements de proximité. Le reste du plateau est laissé en l’état, en attente d’une urbanisation future.

 

Des places de stationnement latérales sont disponibles tout le long de cette séquence, entre le carrefour Athènes/Bonneff et le carrefour Saussot.

 

 

 

2- SEQUENCE DES RESIDENCES :

 

Poursuivant notre route en direction du centre ville, la chaussée constituée de 2 voies de circulation se transforme en en toute sécurité en une voie unique filante et une voie de tourner à droite vers la rue Saussot.

 

Un îlot paysager permet la liaison piétonne et cycliste vers le groupe scolaire Dreyfus-Schmidt. Sur la droite, on aperçoit le prolongement de la rue d’Amsterdam bordée d’un mail d’arbre et la proue d’un centre commercial. Plus loin, la chaussée est partagée en trois voies permettant la circulation dans les deux sens et la gestion des TAG.

 

Le terre plein central s’est élargit, il permet aux cycles et aux piétons de cheminer sur un revêtement de sol différencié. Une contre allée permet le stationnement dans le sens sortie de ville.

Nous franchissons un espace à forte densité végétale. Il s’agit d’un grand mail d’arbres de première grandeur offrant la suture entre les deux quartiers et l’ombrage nécessaire à un petit square et à un grand parking.

La découverte de la place des Résidences ne se fait plus attendre, elle apparaît comme une clairière dans ce contexte urbain, bordée par un cheminement piéton de grande dimension permettant la connexion entre le centre ville et la coulée verte.

La chaussée a changé de peau, elle participe à la continuité spatiale de la place ; bordée de larges pierres elle rappelle les couleurs ocres du calcaire du Doubs. Sur notre droite on devine en pied d’immeuble les terrasses de brasserie. Les gradins engazonnés offrent un lieu de détente, de repos et de convivialité. Une animation se crée autour des jets d’eau brumisateurs, on entend les cris des enfants qui les traversent en courant.

Quelques beaux sujets d’arbres solidaires plantés de manière plus aléatoire, des Féviers d’Amérique au feuillage clairsemés, ponctuent l’espace contigu au boulevard. Vers l’ouest, notre regard s‘arrête sur le fond de perspective que constitue le mail d’arbre taillés en plateau et les jardins de l’immeuble traités par le jeu des murets, des talus plantés, des pelouses et des espace de circulation et de récréation.

 

Après avoir franchi le carrefour avec la rue du Luxembourg, la chaussée, toujours dans cette même configuration longe un petit parc longitudinal sur sa rive ouest.

Une grande pelouse s’étend au pied de nos platanes existants. La piste cyclable et le trottoir piéton se dessinent sous le mail des mêmes arbres plateaux. Les espaces de jardins sont agrandis et densifiés de quelques essences plantées ça et là.

 

Nous contournons le giratoire, qui nous rappelle par son traitement paysager celui d’entrée du boulevard Kennedy.

 

 

 

3- SEQUENCE LE MONT :

 

Le giratoire emprunté, nous réintégrons une voirie à deux bandes de circulation, bordée de parking latéraux.

Le terre plein central et les alignements d’arbres sur les trottoirs nous rappellent la première séquence. Sur notre gauche, à la hauteur de la rue du château d’eau, le square aux Paulownia (conservés), ponctue le boulevard d’un espace paysager qui offre une nouvelle lisibilité et une desserte fluide des trois rues.

Plus loin, la chaussée se transforme.

Les deux bandes deviennent voie unique. Cette configuration n’est pas sans nous rappeler l’approche de la place des Résidences.

Nous découvrons la place Saget métamorphosée.

Une voie unique permet la desserte du petit quartier de commerçants à partir du carrefour Maréchal Juin. Tout semble nous rappeler la place d’un petit village. Le stationnement de proximité, la voirie, les trottoirs, le square central et le terre plein sont traités dans une même typologie de matériaux, en toute simplicité. Quelques beaux arbres sont plantés pour compléter les mails existants, restructurant l’espace dans sa verticalité. Quelques platanes bordant la chaussée sont retirés pour permettre une meilleure perméabilité visuelle. Tout semble s’animer, les enfants dans le square, les ados sous le kiosque, le facteur sur son lieu de travail et les commerçants sortant leurs échoppes.

 

 

 

4- SEQUENCE UNIVERSITE :

 

Nous entamons finalement la dernière séquence avant de franchir le pont Legay.

La chaussée reste dans sa configuration de trois voies de circulation.

Une contre allée à sens unique dessert des parkings fortement utilisés par les étudiants. Le terre plein ponctué d’arbres offre toujours la possibilité aux cyclistes et aux piétons de cheminer en toute sécurité. Les haies ont été supprimées pour permettre au paysage de parvenir jusqu’au trottoir longeant le stationnement du site universitaire. Le mail d’érable bordant le complexe est maintenu, un mail complémentaire est implanté sur le trottoir opposé. Nous arrivons au dernier giratoire qui, semblable aux deux autres, gère les échanges en ralentissant la vitesse de circulation. On quitte alors les boulevards en empruntant le pont Legay, seul le trottoir Nord est élargi, pour accueillir une piste cyclable et offrir un parcours sécurisé vers le cœur de la ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’histoire de ces boulevards, rapidement parcouru, écrite de façon presque caricaturale est néanmoins riche d’enseignement.

 

Elle illustre qu’une bonne idée, à force de petits coups de canifs, de petites concessions apparemment anodines, se transforme en quelque chose de différent, qui ne sert plus le but à atteindre.

 

C’est l’histoire passée de nos boulevards, celle qu’il ne faut pas reproduire.

 

Nous avons beaucoup cherché, essayé de bien comprendre les objectifs pour avoir une idée claire des réponses à apporter.

 

Notre projet développe une organisation fonctionnelle et spatiale qui permettra d’atteindre les objectifs principaux, à savoir, créer de véritables boulevards urbains, dédiés à leurs quartiers, à la vie et aux fonctionnalités d’usages, permettant également (et en plus) de constituer un barreau d’un réseau de voies de contournement de cœur historique.

 

C’est de la sélection, dans la multitude des propositions des études préexistantes, des dénominateurs communs, qu’est né notre parti d’aménagement.

C’est de la capacité à ne pas vouloir rajouter trop d’objectif, qui à force deviendront contraire, que ce parti restera fort et efficace.

 

Une nouvelle page de cette histoire de boulevard est en train de s’écrire pour des décennies…

 

Estimatif ( fichier excel)